jeudi 8 juin 2017

Une plaque commémorative inaugurée au Bourget à la mémoire des pilotes de la légendaire escadrille "Normandie-Niemen"

Crédits photos : sputnik 

Un peu d'histoire, pour rappeler ce que fut la "Normandie-Niemen".

Dès l'invasion de l'URSS par l'Allemagne en juin 1941, le général de Gaulle envisage d'envoyer des soldats français combattre sur le front de l'est. Quinze mois plus tard, en septembre 1942, une troisième unité de chasse des Forces aériennes françaises libres (après la formation un an plus tôt des groupes Alsace et Ile-de-France) voit le jour : le Groupe de chasse n° 3 Normandie. Constitué à Damas, sous les ordres du commandant Pouliquen et du commandant Tulasne, le groupe est rapidement informé qu'il a été choisi pour marquer la présence de la France auprès des Soviétiques et aller combattre sur le Front de l'Est.
En novembre 1942, les premiers pilotes et mécaniciens partent du Liban pour l'Union soviétique qu'ils atteignent après un périple de plus de quinze jours. La première base se trouve à Ivanovo, à 250 kilomètres au nord-est de Moscou. Là, les Français vont percevoir des avions russes et s'entraîner sur Yak 7 biplace et Yak 1 monoplace. Le choix, laissé à l'appréciation du commandement français, se porte sur le Yak 1.

                                                                                                   Yak 1B basé à Monkounino (Russie) en mars 1943. 

L'entraînement des 58 Français, pilotes et mécaniciens se prolonge jusqu'au mois de mars 1943. Le 22 mars 1943, l'unité s'envole avec ses 14 Yak pour s'installer à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Moscou, sur la base de Polotniane Zavod.
Les premiers succès des pilotes français chargés d'escorter les bombardiers russes ne tardent pas. Le 5 avril Préciozi et Durand abattent chacun un Focke Wulfe 190. Le 13 avril trois nouvelles victoires s'ajoutent au tableau de chasse de l'unité. Les missions se succèdent avec plusieurs nouvelles victoires mais également plusieurs pertes parmi les pilotes du Normandie.
                                                                                   Focke wulfe 190
Courant juillet 1943, l'escadrille entre vraiment dans le feu de l'action, avec la terrible bataille de Koursk. Les missions se suivent sans interruption. Du 13 au 17, le Normandie exécute 112 sorties et abat 17 appareils allemands. Ces victoires sont chèrement acquises au prix de la perte de six pilotes dont le commandant Tulasne, porté disparu le 17 juillet près d'Orel.
Le commandant Pouyade, qui a rejoint l'unité le mois précédent, en prend le commandement. Début août les mécaniciens français sont remplacés par des mécaniciens russes alors que des Yak 9 viennent remplacer les Yak 1 des pilotes. Le front bouge vers l'ouest. Le 22 août, c'est la bataille pour Smolensk. Surprenant trois pelotons de Stukas escortés d'une douzaine de Focke-Wulf 190, le groupe de chasse abat cinq avions en quelques secondes, sans enregistrer la moindre perte.

                                                                                        Yak 9

                                                                                    Stuka junker 87
Au moment de prendre ses quartiers d'hiver à Toula, au sud de Moscou, en novembre 1943, le Normandie enregistre déjà 72 victoires. Au repos, il reçoit des renforts qui sont encadrés principalement par Marcel Albert et Marcel Lefèvre. Le 7 février 1944, le groupe devient, appellation inédite en France, le Régiment Normandie.
Après une accalmie, début 1944, l'offensive reprend en juin. En moins de trois semaines, les troupes soviétiques s'enfoncent de plus de 200 kilomètres vers l'ouest. Et c'est le passage du fleuve Niemen. Les combats sont terribles. Le comportement exemplaire du Régiment lui vaut de recevoir, le 21 juillet 1944, du maréchal Staline le nom de Niemen.
Dès lors, le Régiment prend le nom de Normandie-Niemen. Puis, ce sont les combats en Prusse orientale, avant les quartiers d'hiver. Le 12 décembre 1944, le commandant Delfino prend le commandement du Normandie quelques jours après que le général de Gaulle, en déplacement à Moscou, a remis la croix de la Libération au Régiment. Les combats reprennent pour une troisième campagne en Prusse orientale et en Pologne, et c'est enfin la capitulation allemande le 9 mai 1945. Début juin 1945, en récompense du comportement exemplaire des pilotes français sur le front soviétique, le maréchal Staline fait don aux survivants de leurs avions Yak 3 qui se posent le 20 juin au Bourget devant une foule énorme venue les accueillir en héros.

                                                     Les héros accueillis triomphalement au Bourget en 1945


A la mémoire de ces glorieux et courageux pilotes Français, le mercredi 07 juin, au Bourget, a été inauguré une plaque commémorative en présence de l’ambassadeur de la fédération de russie, Alexandre Orlov, ainsi que Anatoly Fetissov, commandant le premier escadron Normandie-Niemen.

Malheureusement, aucun officiel Français n’étaient présent pour cette inauguration rendant hommage à des soldats Français s’étant battu pour notre liberté et contribuer à la libération de notre pays contre l’ennemi nazi.
Il est une fois de plus regrettable, que la mémoire de nos héros soient prise en otage par nos gouvernants, alors que nos illustres anciens par leur courage et leur sacrifice nous avais montrer l’exemple par le passé.
Déjà, en 2015, lors du défilé de la victoire pour le soixante dixième anniversaire de la capitulation nazie, la France n’avait envoyé aucune délégation officielle à Moscou.
 Pourtant, lors de ce défilé, des Français avaient pu y participer pour célébré lors de la marche du régiment des immortels, la fin de la tyrannie nazie en 1945. 
                                                                                  Photo sputnik

Heureusement, la Russie n’a pas sombré dans une folie néfaste et malsaine, et honore, en France ( !), la mémoire de nos héros morts ou ayant survécu à cette terrible guerre. L’amitié Franco-Russe n’est pas un mythe, n’en déplaise à nos gouvernants et journalistes russophobes. D’ailleurs, ce n’est plus Franco-Russe que nous devrions écrire, mais Russo-Français !
Il y a plus de 72 ans de cela, nous étions aux coude à coude face à l’ennemi commun. Il est triste qu’aujourd’hui, cette histoire, notre histoire, notre amitié respective, soit ainsi souillée pour de bas intérêts géopolitiques dont les ordres mortifères viennent une fois de plus de Washington. Fort heureusement, tous les Français ne sont pas amnésiques et n’oublient pas le rôle crucial qu’a joué l’Union Soviétique dans ce combat, ni les millions de vie sacrifiée dans cette lutte titanesque.
L'amitié Russo-Française existe, elle est toujours vivante dans le cœur de millions de nos compatriotes et rien ni personne ne nous l'enlèvera de notre mémoire.
Merci à la Russie de continuer à l'a perpétuer, merci au peuple russe d'être toujours aussi fidèle à cette tradition et ensemble nous continuerons dans cette longue marche pour honorer cette amitié et la mémoire des immortels.

Source pour cet article :
RBTH 
Ambassade de Russie :
Ici et ici 

Sébastien Hairon, volontaire bénévole et indépendant à Donetsk (DNR)

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